Ramo

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Un portrait bien connu : A. Ramazan

Su ilk Internet günlerimizde, bugün aramizda olan Galatasaray’lilarin çok büyük bir kisminin tanidigi diger bir Galatasarayli’dan bahsetmek istedik.
Kaynak : PILAV - Bulletin de l’Amicale de Galatasaray - No: 7/1988

Les ecoles, comme chaque institution, ont une memoire collective qui vit, dans une certaine mesure, chez les anciens eleves et professeurs, mais ceux qui representent reellement cette mémoire collective, ceux qui en portent la flamme,ce ne sont pas les figures qui passent a l’ecole telle une étoile filante, mais ceux qui s’y sont enracines. Parmi ces personnes qui se distinguent pour notre Lycee, il y en a une qui vaut le détour: RAMO

Lors de l’un de nos diners mensuels a Paris, un des intervenants avait incidemment parle de Ramo. Un des jeunes Galatasarayli etait effare et a demande a son aine d’au moins 25 ans: "Mais d’ou connaissez-vous Ramo, vous ?". C’etait le tour de l’intervenant d’etre etonne. "Comment cela ? Il a continue jusqu’a ton epoque ?". Il ignorait que Ramo etait toujours a l’ecole...

Une question : Quel est le nom exacte de Ramo ? Nous savons, tout le monde va dire "Ramazan", mais son nom de famille ? Y a-t-il seulement cinq ou dix Galatasarayli parmi les milliers qu’a connu Ramazan qui en connaissent le nom ? Pour l’instant, gardons cela en secret. Reflechissez et essayez de trouver.

Voici quelques souvenirs que Ramo nous fait partager :

  • J’ai commence a travailler en 1946, a l’asile psychiatrique, mais du temps de Fahrettin Kerim, de Mashar Osman. Ensuite, je suis alle a Yukari Gureba, a la clinique de Tevfik Saglam, et de la, a la Direction des Cites Universitaires. La, j’etais a l’infirmerie. J’ai connu Fevzi Ceylan la-bas. Il avait termine Galatasaray en 1943, etait etudiant en medecine et il restait a la Cite. Ensuite, il est devenu pediatre, il a meme ete depute.

  • A cette epoque la, j’etais un fervent supporter de Galatasaray. A la Cite, j’avais donc un Galatasarayli et j’etais apres lui pour qu’il me raconte Galatasaray. On disait meme a l’epoque que l’on accepterait les filles a Galatasaray. Je lui ai dit : "La vie a la Direction de Cites Universitaires, ce n’est pas excellent. Est-ce que ce ne serait pas mieux si je passe a Galatasaray ? ". Il m’a repondu que oui, bien sur, ce serait mieux. Je me suis alors retrouve chez le Directeur, Macit Bey. Il m’a jete un coup d’oeuil et m’a dit qu’il allait me faire passer un examen. Je lui ai repondu "Quel examen, Monsieur le Directeur, je suis deja a l’infirmerie de la Cite Universitaire". Il m’a regarde de nouveau et m’a dit "Bon, vas-y". Je suis donc entre au Lycee en 1951-52, et depuis...

  • J’ai pris ma retraite en 1982. Mais les gens de l’Association, de la Fondation sont venus me voir pour me dire de ne pas quitter l’Ecole. Comme vous voyez, je suis encore la. Jusqu’a une date recente, je tenais encore la porte d’entree, maintenant je suis responsable de l’ensemble du personnel d’intendance. Parmi les anciens, il reste juste Ferhuzzat Bey, et moi.

  • Notre infirmerie a connu beaucoup d’etrangers, surtout en ete. Il y avait des professeurs americains, français et allemands et ils restaient chez nous en attendant de savoir vers quels lycees d’Anatolie ils allaient etre diriges. Il y en avait de toutes les sortes ; les americains mangeaient la pasteque en mettant du sel dessus ! Il y avait un pakistanais qui devait enseigner l’anglais dans un lycee d’Anatolie, il mangeait avec les doigts ! C’est ici qu’on lui a appris l’usage d’une fourchette. Parmis ces visiteurs la, il y avait une directrice de lycee. Je lui avait envoye des fourchettes et des couteaux en cadeau. Elle avait ecrit a Monsieur Larroumets en disant que "Ramo aidait l’amitie Franco-Turque".

  • Je suis ne en 1336, selon l’ancien calendrier. Je fais partie de l’ancien generation, bref, j’ai a peu pres 70 ans.

  • Tu crois peut-etre que je ne m’occupais que de l’infirmerie a l’epoque. Crois toujours. J’allais a tous les matchs du Lycee, a la place du toubib. Mais bien sur, pas pour des interventions medicales, pour... disons, separer les gens en cas de bagarre.

  • J’etais toujours bien avec les professeurs français. Tu te souviens de Monsieur Charesieux ? Chaque fois qu’un eleve faisait du bruit en classe, il lui disait "Debout, va voir Ramo pour qu’il te soigne". Madame Gavard aussi m’aimait beaucoup, Madame Kirman aussi. Toutes les deux ne permettaient jamais aux eleves de pomper. Je ne sais pas si tu sais, mais Monsieur Malinovski parlait tres bien le turc. Meme encore, il me fait toujours transmettre ses salutations avec les nouveaux profs qui viennent ici.Tu te souviens de Turgay, le joueur de foot. Il etait arrive jusqu’en premiere et avait commence a avoir enormement de difficultes, il ne pouvait pas terminer l’Ecole et, c’etait la catastrophe chez Monsieur Goudmand. Mais Monsieur Goudmand etait lui-meme un bon sportif, il faisait du jogging etc., et il a compris la situation de Turgay. C’est grâce a sa bienveillance que Turgay a pu terminer l’Ecole.

  • Qu’est-ce que notre infirmerie n’a pas vu ? Une fois, Monsieur Dubois fait passer un eleve au tableau, mais a l’epoque c’etait du serieux, on redoublait meme a cause d’une seule matiere, et l’eleve etait deja un redoublant. Bref, il ne peut repondre a aucune des questions et d’un seul coup, boum, il s’evanouit. Monsieur Dubois, affole, a amene l’enfant a l’infirmerie et je lui dis "Si seulement vous aviez fait de sorte que...". Il a tout de suite compris, il m’a dit "d’accord, je lui mets cinq". L’eleve s’est retabli dans la minute qui suivait.

  • Le Directeur etait Macit Bey. Acar Baskut est etudiant a cette epoque-la et il avait laisse pousser sa barbe. Macit Bey lui disait de se raser en lui proposant meme de payer le coiffeur. Et cela une fois, deux fois, mais Acar faisait la sourde oreille. Un jour, le Directeur l’a attrape et lui a administre une gifle magistrale. On a ete oblige de le mettre a l’infirmerie.

  • Je n’oublirai jamais, il y avait un eleve en 3eme. Son histoire a laisse une plaie dans mon coeur pour toujours. Il est venu me voir un samedi matin, a dix heures. A l’epoque il y avait des cours jusqu’a midi. Il m’a dit qu’il etait malade. Je l’ai controle, il avait mal au coeur etc. J’ai tout de suite compris ; une crise d’appendicite aigue. Je l’ai emmene tout de suite a Yasar Bey, on l’a conduit chez lui et l’a confie a ses parents. L’enfant est reste entre deux docteurs, pendant 4-5 jours, qui n’etaient pas d’accord sur le diagnostic; on lui disait qu’il avait la colique hepatique ou autres betises du meme genre. A la fin, l’appendice s’eclate et l’enfant meurt. Nous avions compris son probleme, mais cela n’a servi a rien.

  • Moi ? Biensur que je vais bien. Je m’appelle Saglam (Solide) !



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